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samedi 31 mai 2014

Les PEPS cafés, des rencontres autour de la parentalité

Il y a bientôt deux ans, à l'initiative de Catherine Dumonteil-Kremer, l'auteur de "Une nouvelle autorité, sans puntition ni fessée" ou de "Poser des limites à son enfant" est paru pour la première fois Peps, le magazine de la parentalité positive.
Hebergeur d'imageDiffusé pour l'instant seulement par abonnement ou au numéro, en commandant sur internet ou par courrier, et dans quelques points de vente physiques, ce trimestriel a rapidement connu un beau succès.
Dans la lignée d'autres publications comme "Grandir autrement", il a pour vocation de diffuser des informations et de proposer des clés ou simplement de la matière à réflexion aux parents qui souhaitent aborder l'éducation de leurs enfants par le biais de la non-violence éducative.
Bien loin des habituels magazines pour parents, qui n'offrent qu'une vitrine aux marchands de puériculture et finissent par ne ressembler qu'à des catalogues ou à une série de conseils -erronés, le plus souvent- Peps fait plaisir à lire.

Même si chacun y trouvera un intérêt différent, et n'adhèrera pas forcément avec tous les propos ou les idées qui y sont exprimés, il offre une alternative intéressante au modèle d'éducation "autoritaire" qui est toujours aujourd'hui la norme.
Je l'ai déjà évoqué dans cet article (qui fait encore réagir, plusieurs mois après, et pas toujours positivement), pour moi, l'idéal de la relation avec ses enfants doit passer par la bienveillance, l'écoute et la compréhension des émotions de l'enfant, sans violence, sans fessée, sans coups. Mais cela nécessite un long travail sur soi, d'abord, et un niveau de disponibilité qu'il est parfois difficile d'atteindre, avec le degré de fatigue qui est souvent le nôtre.
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C'est pourquoi il est plutôt positif de voir que des ressources existent et se diffusent de plus en plus, que d'autres parents sont sensibles à cette prise de conscience, et internet (ici par exemple) a certainement permis à des réseaux de parents de se former et a permis l'entraide lorsqu'on est à bout, qu'on ne trouve plus de solution, que notre terribeultou, jadis si mignon est transfiguré dans un remake de l'exorciste à la moindre contrariété.

C'est pourquoi les PEPS cafés se sont montés petit à petit afin de réunir les lecteurs du magazine, en "vrai", et d'échanger autour des thèmes abordés, ou d'autres sujets de discussions axés "éducation non violente".
C'est Laetitia Charron, qui est à l'initiative de ces rencontres au Mans, et s'est jointe aujourd'hui à l'association Né-sens pour proposer ces réunions à son domicile de Sargé.
Au fil de ses déménagements entre Le Mans et les Pyrénées, Laëtitia a eu l'occasion de fréquenter des groupes d'aide à la parentalité qui ont pu la guider dans ses choix et lui apporter le soutien nécessaire. C'est d'abord par le biais de la Leche league, la célèbre association d'aide à l'allaitement, qu'elle mettra le pied dans le maternage, avant de côtoyer d'autres groupes de parole ou de suivre les forums ou les listes de diffusion, qui avant les réseaux sociaux faisaient le lien virtuel entre les parents en demande de soutien.
Hebergeur d'imageLe maternage l'a amenée à faire des choix qui aujourd'hui encore, peuvent sembler à contre-courant de la tendance générale. Après un accouchement difficile, elle fera le choix d'une naissance à la maison pour son troisième enfant, enfants qui suivront un temps une scolarité dans des écoles Steiner.

Mais en revenant en Sarthe, elle n'a pas retrouvé de groupe d'aide à la parentalité qui lui correspondait, c'est pourquoi les PEPS cafés étaient une bonne réponse à ce manque.
 C'est aussi parce qu'elle souhaite à présent soutenir la parentalité, transmettre ce qu'elle a reçu et appris, notamment en formation (Faber&Mazlish, Gordon, Filliozat ), partager ses valeurs/expériences/aléas de mère de 4 enfants, et surtout en faire son métier (accompagnante en parentalité, voire coach parental quand elle aura fini son parcours de formations à l'EIREM l'école d'Isabelle Filliozat) qu'elle a eu envie de créer des PEPS Cafés en Sarthe et de participer activement au développement de Né Sens avec la création de cercles de paroles pour les parents (à venir...).
Autour d'un thé et en présence des enfants, ces rencontres laissent place au débat et à la discussion, dans le respect de chacun et l'écoute.
La deuxième édition a eu lieu ce mois-ci, et si je n'ai pas encore eu l'occasion d'y participer, ce sera certainement bientôt le cas!





Prochaines dates au Mans, et dans bien d'autres départements, à surveiller ici: http://pepsmagazine.com/ou-trouver-les-pepscafe/
http://pepsmagazine.com/
http://www.cdumonteilkremer.com/
Et pour contacter Laetitia: Laetitia CHARRON, Consultante en Parentalité & Education - Approche empathique de l'enfant
charron.laetitia72@gmail.com...PEPS'Mans vôtre!
https://lelienalenfant.wix.com/laetitiacharron

samedi 8 février 2014

Moi, j'aime les sages-femmes

Pendant une grossesse, nous avons la chance, dans notre pays, de pouvoir faire des choix. De la personne qui nous suit, de l'endroit où l'on veut accoucher (si tant est que l'on vit dans un endroit assez densément peuplé), clinique ou hôpital, de la préparation à l'accouchement que l'on veut...
Mais étrangement, lorsqu'une femme est enceinte, c'est souvent un gynécologue qui la suivra. Pourquoi? Parce qu'il est celui qui gère le plus souvent le suivi gynéco de la femme, enceinte ou non, parce qu'il a de beaux yeux, parce que c'est comme ça qu'on fait..sauf que. Les sages-femmes, qui restent finalement une profession assez peu connues du grand public, puisqu'il y a de très grandes chances que vous ne les croisiez qu'au moment de franchir les portes d'une maternité, sont elles aussi habilitées à proposer le suivi gynéco, avant, pendant et après la grossesse. (cf Article L.4151-1 du code de la santé publique du 21 juillet 2009). Frottis, dépistages, prescription de contraceptifs, pose de stérilets pour certaines...c'est possible.

Quand à leur rôle en général, il reste peu connu...je me souviens de ma 1ère rencontre avec une sage-femme, qui s'est avéré être...ma meilleure copine de maternelle, retrouvée 20 ans après (merci Copains d'avant!-c'était il y a longtemps, vous l'aurez compris). Et moi de lui demander sottement: "mais elle fait quoi la sage-femme en fait?", question stupide, s'il en est mais pas tant, si l'on considère que j'étais alors une jeune primipare tout juste enceinte de la Zo (de mémoire, elle a même eu l'exclusivité de la nouvelle!).
Et là, je réalisais que je n'en savais rien du tout. Que je voyais vaguement une jeune femme affairée dans l'ombre du tout-puissant médecin, utile à lui apporter des compresse, et des linges chauds (oui, je regardais trop de films historiques à l'époque). Elle m'expliqua alors qu'une sage-femme, son boulot c'est d'AIDER à accoucher les femmes. Que les accouchements, s'ils n'étaient pas pathologiques, étaient entièrement pris en charge par elles, et que le médecin n'était appelé que si une difficulté apparaissait. 
C'était une révélation, mais cette image du médecin qui dit à la femme ce qu'elle doit faire, et qui intervient pour "accoucher" la femme est encore tenace, et me défrise d'autant plus. Pour preuve cette image trouvée dans un bouquin de ma fille:
hostingpics.net
Le médecin, donc. Et le papa, il est dans les vapes?



Voici la définition internationale de la sage-femme:

"Une sage-femme [...] doit être en mesure de donner la supervision nécessaire, les soins et les conseils à la femme enceinte, en travail et en période postpartum, d'aider lors d'accouchements sous sa propre responsabilité et de prodiguer des soins au nouveau-né et au nourrisson. Ces soins incluent des mesures préventives, le dépistage de conditions anormales chez la mère et l'enfant, le recours à l'assistance médicale en cas de besoin et l'exécution de certaines mesures d'urgence  en l'absence du médecin [...]. Son travail doit inclure l'éducation prénatale et la préparation au rôle de parent [...]. Elle peut pratiquer en milieu hospitalier, en clinique, à domicile ou à tout autre endroit." in. "Vivre sa grossesse et son accouchement"-Isabelle Brabant, ed. Chronique Sociale

hostingpics.net  Même si dans les faits, les sages-femmes peuvent de moins en moins pratiquer ailleurs qu'en structure: à cause d'assurances hors de prix, il leur devient très difficile de pratiquer des accouchements à domicile. Même si ce n'est pas mon choix, cela devrait être aussi celui de toutes les familles, et là de vrais barrages sont mise en place. Voir l'article du Monde ici.


Après quelques mésaventures avec des gynécologues peu regardants, je n'ai jamais regretté d'avoir choisi de faire mon suivi avec une sage-femme. Là où je n'ai trouvé qu'un relationnel de médecin à patient (quand ce n'est pas à client), chez les gynécos, j'ai tout de suite trouvé une écoute, une chaleur humaine et une bienveillance chez les sages-femmes qui j'ai pu côtoyer. D'un côté je n'ai eu que des relations infantilisantes, culpabilisantes (j'ai du me faire engueuler pour une raison ou une autre à peu près à chaque rendez-vous), de l'autre, quelque chose qui se rapproche plus d'un dialogue de femme à femme...même si il y a aussi des sages-femmes hommes! (3 ou 4 à l'hôpital du Mans, pour info).

Envoyer un sms ou téléphoner à n'importe quelle heure -on évitera 3h du matin tout de même- à sa SF pour un conseil, ou juste pour se rassurer, avoir une prise en charge, de la conception (voir avant), à la rééducation périnéale (ce privilège que le monde entier nous envie...), c'est seulement grâce aux sages-femmes que l'on peut y avoir droit.
Et comme avec tout praticien, la question du feeling est primordiale, j'ai la chance d'avoir trouvé une sage-femme avec qui je suis sur la même longueur d'ondes, et en qui j'ai une entière confiance (oui, elle ne sera pas dans la salle d'accouchement, mais si besoin, elle est au bout du fil!), et qui propose notamment des cours de préparation à l'accouchement selon la méthode Pilates! Là aussi, il y a beaucoup d'alternatives à la simple réunion de parents, il suffit de se renseigner. Mais je recommande, j'ai vraiment beaucoup aimé (d'autant qu'on a presque l'impression de faire du sport même enceinte de 7 mois!).

Plus que jamais, il est utile de défendre cette profession, on choisissant de faire son suivi avec elles par exemple. Pour autant leur rémunération plafonne encore, et que dire d'une consultation qui s'élève autour de 17€? J'ai l'impression de sous-payer ma sage-femme, pour un travail équivalent à celui d'un médecin (haaaa mais oui, mais madame, fallait finir vos 10 ans de médecine!). A l'heure où ceux-ci sont surchargés, on comprend mal pourquoi cette profession n'est pas plus valorisée et reconnues, et pourquoi on ne leur laisse pas plus de place! (Voir l'article des VDI à ce sujet).

Une grossesse, on le répète, ce n'est toujours pas une maladie, la surmédicalisation et l'amenuisement des risques par l'obstétrique ces dernières années ont intégré des protocoles jusque là réservés à la pathologie au déroulement des accouchement sans risques...et c'est ainsi que des pratiques, des actes médicaux sont devenus la norme. Et si on rendait la grossesse aux sages-femmes, tout simplement?



C'était ma contribution aux Vendredis intellos, plus d'articles qui dépotent par là!: